Vous allez faire vos courses en tram? Vos achats sont livrés de la même manière. Ou du moins, c'est le sens de l'expérimentation que vont mener la Ville de Paris, la RATP et le STIF (l'autorité des transports en Île-de-France). TramFret (le nom de l'expérience) consiste à faire rouler des tramways sur les lignes urbaines pour approvisionner directement par rail les Monoprix, Franprix et autres Carrefour City.

La poussée de croissance du tram francilien
Balbutiant dans les années 1990, le réseau de tramway francilien a connu un rapide développement ces dernières années. Aujourd'hui les 4 lignes en service totalisent une quarantaine de kilomètres de voies. Cette croissance va s'accentuer avec la mise en service de 60 nouveaux kilomètres dans les prochaines années, grâce aux extensions de lignes existantes et surtout à l'ouverture de 4 nouvelles lignes, toutes situées en banlieue. Un tel réseau, au cœur des villes et facilement accessible dispose d'un potentiel que les pouvoirs publics comptent bien exploiter.
Décongestionner Paris
Les premiers intéressés par ce TramFret sont les chaînes qui se partagent la distribution à Paris: Monoprix, Carrefour, Casino et Franxprix. L'APUR (Atelier d'urbanisme de Paris) a estimé à 128 le nombre de magasins situés à moins de 500 mètres des lignes. Un nombre amené à augmenter à mesure que va se déployer le réseau. L'intérêt affiché de ces entreprises pour des solutions de transport alternatifs n'est pas neuf. Monoprix a ainsi recours aux voies du RER pour approvisionner certains de ses magasins. Ce projet, lancé en 2010, a donc un débouché tout trouvé.

À partir d'aujourd'hui (lundi 14 novembre), des trams vides vont être intercalés entre les trains habituels de la ligne 3 (qui arpente pour le moment la partie sud des Boulevards des Maréchaux). L'idée est de tester les possibilités d'insertion sur des lignes à forte amplitude. Un tramway aménagé permet d'éviter le recours à 3 ou 4 poids lourds. L'intérêt apparaît donc évident pour la capitale française, où la circulation automobile omniprésente cause de nombreux problèmes (santé et pollution, mais aussi pertes économiques dues aux retards qu'elle occasionne…).
Densité urbaine et financement
Cependant si dans les faits la solution est tentante, des obstacles persistent. Les infrastructures doivent notamment être adaptées pour recevoir des rames spécifiquement dédiées au fret. De nouveaux quais seront notamment construits si le projet se concrétise, et ce dans des zones très fortement urbanisées. De plus des raccordements de lignes vont devoir être effectués, notamment entre les T2 et T3. Au final si l'intérêt écologique et logistique est évident, la question économique met en doute la viabilité du projet. En effet, le transport par rail, malgré tous ses avantages, coûte plus cher que son homologue routier (qui assure encore 90% du trafic en Île-de-France). À l'heure actuelle, l'équilibre ne pourrait être trouvé qu'en subventionnant ce modèle, un recours difficilement envisageable par les temps qui courent. Mais avec le renchérissement prévisible des coûts du pétrole, tout peut changer.
Malgré des obstacles, ce projet constitue une réelle avancée dans les conceptions actuelles de l'espace public et de la logistique en milieu urbain.









Rien d'étonnant à ce que cette superbe idée de business ait vu le jour au Danemark, où la pratique du vélo est très répandue.